« L’avenir c’est nous ! Ne regardons plus le monde avec l’œil du voisin.. » – Manuella Siké

Le jeune est fort, beau, énergétique, dynamique, intelligent, mais aussi remplit d’angoisses... Mais il est capable. Alors, il faut oser, aimer son pays et son continent.

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Diplômée de l’IRIC, vous êtes aujourd’hui journaliste chez Afrique Media. Pourquoi cette chaine ?

Le choix, justement, n’est pas anodin, tout comme mon passage à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC).  Les questions de politiques internationales et africaines m’ont toujours intéressée au plus haut point, tout comme le lien sacré et privilégié qui devrait exister entre africains: le panafricanisme. Et ma présence à Afrique Média s’inscrit réellement dans cette dynamique. Il a toujours été question, pour moi, de mettre mon savoir au service du vivre ensemble des citoyens de mon continent. Parce qu’il y a à faire! Avec l’IRIC, j’ai appris les Relations Internationales, la politique africaine comme étrangère, la géopolitique, la géostratégie, etc… Et avec Afrique Média, j’ai le privilège de rentrer pleinement dans ce monde, d’exercer, de questionner, de servir mon idéal panafricain.

Le journaliste au Cameroun est considéré comme quelqu’un de corrompu, qui cache la vérité et préfère le sensationnel ou le politiquement correcte. Partagez-vous cet avis ? Quelle est votre vision du métier de journaliste ?

Déjà, je ne suis pas très souvent au Cameroun et je ne traite pas très souvent de l’actualité camerounaise, donc certaines réalités pourraient m’échapper. La corruption est un phénomène abjecte qui touche l’ensemble des corps de métier de notre société et même le monde entier y est concerné.  Cela ne saurait être une particularité de la presse camerounaise ! Dans tous les corps de métier, il y a des Hommes de conviction, mais aussi des brebis galeuses … Pour ma part, le journalisme est un noble métier, au service de l’intérêt général.

Pour moi, la femme camerounaise est une femme, courageuse, belle, intelligente, battante…

Nous évoluons dans un milieu machiste au Cameroun. Ce machisme ou misogynie, le ressentez-vous sur votre lieu de travail ?

Non. Dans mon milieu de travail pas du tout, bien au contraire. Ce sont les capacités intellectuelles, professionnelles  et la volonté  qui priment avant tout. A Afrique Media, les stéréotypes sexistes ont depuis longtemps cédé place, à l’ardeur au travail, au besoin infatigable d’apprendre et de s’intégrer. Par contre, je peux vous dire, avec un petit sourire, et vous le savez certainement, qu’il y a quand même une petite injustice dans le journalisme entre hommes et femmes. Les femmes sont parfois obligées de sourire, là où,  les hommes ont parfois le droit de faire la gueule.

Comment décririez-vous la femme camerounaise?

Pour moi, la femme camerounaise est une femme, courageuse, belle, intelligente, battante… Regardez toutes ces femmes qui se lèvent tôt et dorment tard pour l’éducation de leurs enfants, pour la paix et l’harmonie dans leur famille. Regardez ces femmes camerounaises impliquées dans tous les domaines de la vie malgré les clivages socio-politiques et culturels ; Observez leur courage, leur dynamisme. C’est çà la femme camerounaise en générale. Mais bien sûr, rien n’est parfait!

Que pensez-vous de la journée de la femme ? Est-ce utile ?

La journée de la femme, oui c’est important, c’est utile. Et cette journée devrait un peu plus avoir une place de choix dans  les réflexions qui engagent le devenir de la femme camerounaise, de la femme africaine. Car on ne saurait nier que la femme  n’a pas encore la place qu’elle mérite dans la société. Il y a marginalisation, il y a stigmatisation. La femme doit fournir deux fois plus d’effort que l’homme pour s’intégrer dans la société. Sous d’autres cieux, elle est encore considérée comme une esclave. Elle est parfois  soumise à certaines interdictions; ailleurs, elle ne pourrait occuper certains postes, ou alors, elle est réduite à l’esclavage sexuelle. Elle est d’ailleurs reconnue internationalement comme le sexe faible ! Bref, il faut cette journée pour célébrer la femme, pour interpeller, discuter des injustices que subissent les femmes, et essayer de changer les choses.

Au cameroun, on observe que cette journée est réduite à l’achat d’un pagne qui est une source de tension dans les foyers Pourquoi selon vous les médias ne consacrent pas cette journée à débattre des questions liées au statut de la femme au Cameroun ?

A l’occasion de cette journée, des débats sont toujours organisés sur les questions liées à la femme. Je pense que le problème réside plutôt dans la continuité. C’est-à-dire, lorsque cette journée est passée, il n’y a plus de débat sur la femme, à moins qu’il y ait une actualité liée à cet effet. Or, puisque c’est une situation constante et même perpétuelle, les médias devraient servir de relais, de part leur influence. En parler continuellement. Cela va encore plus interpeller.

Pensez-vous qu’il soit important qu’il y ait une journée consacrée à la Femme, un ministère de la promotion de la femme ?

Oui bien sur ! Le ministère de la promotion de la femme met sur pied des politiques qui pourraient être évaluées lors de la journée de la femme. Donc c’est important, il le faut pour ma part en tout cas.

 

 

 

Il ne faut pas se laisser déstabiliser par quoi que ce soit, ni par qui que ce soit. L’avenir c’est nous !

Où peut-on suivre vos actualités ? Quelle émission ?

Mes émissions, vous pouvez les suivre sur Youtube (Afrique Média) en direct ou rediffusion. Aussi, sur le lien: ib.steamakacie.com.

Et vous pouvez aussi me suivre sur ma page Facebook: Manuela Sike.

Quel message aimeriez-vous adressez aux jeunes camerounais qui rêvent de devenir journaliste ?

De le vouloir vraiment, le vouloir sincèrement, de consacrer tout leur temps, leur énergie, leur passion a leur rêve. Et ça viendra. Bien sûr, il y aura des obstacles, des embûches de toutes sortes, mais persévérez, le reste suivra.

Avez vous un message pour la jeunesse qui nous lit?

Un message pour la jeunesse qui nous lit… Je suis jeune moi aussi et j’ai du mal parfois à donner des leçons ou à passer des messages. Mais, si je peux dire quelque chose, c’est forcement ce que je me dis souvent à ma propre personne. Il faut croire. Croire en soi, croire en ses capacités. Il ne faut pas se laisser déstabiliser par quoi que ce soit, ni par qui que ce soit. L’avenir c’est nous! Ne regardons plus le monde avec l’œil du voisin, mais avec nos propres yeux. Ne nous laissons plus aveugler ou intimider. Le jeune est fort, beau, énergétique, dynamique, intelligent, mais aussi remplit d’angoisses… Mais il est capable. Alors, il faut oser, aimer son pays et son continent.

 

 

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