« il ne faut pas abandonner notre pays nous n’avons que lui comme pays, personne ne viendra le développer à notre place »

Décider de rentrer au Cameroun après des études à l’étranger demande beaucoup de courage et d’humilité. Il ne faut surtout pas penser au « quand dira t-on » et se lancer.

 

Le temps passe si vite. Je ne réalise toujours pas que ça fait déjà 4 ans que je suis rentré au Cameroun. Je suis toujours à la quête de savoir

 

Bonjour Madame Mevoungou,

 

 Pouvez-vous brièvement vous présenter ?

Mes Parents m’ont donné le nom de NGO NDOK RUTH ARLETTE à ma naissance, je suis une jeune camerounaise diplômée de l’ENSET de Douala, qui vit à Yaoundé la capitale du Cameroun. Vous comprenez donc que MEVOUNGOU soit en réalité le nom de mon mari.     

En 2009 Vous quittez le Cameroun pour le canada Pourquoi?

Après l’obtention de mon baccalauréat en 2008, je décide dans un premier temps de poursuivre mes études au Cameroun, je m’inscris dès lors à la faculté de sciences économiques et de gestion de l’Université de Yaoundé 2 (Soa). Sortant du Collège de la retraite où la discipline et le travail étaient accentués, mon adaptation ne fut pas évidente à Soa, je ne termine pas le premier semestre et je décide donc de poursuivre mes études à l’étranger.

Etais-ce votre choix ou celui de votre famille ?

Ce choix était entièrement le mien.

Pourquoi le canada plutôt que la France ou les Etats-Unis ?

Le Canada fut un choix d’opportunité. En effet ma mère est littéralement tombée amoureuse du système académique canadien lors des journées portes ouvertes organisées par certaines Universités Canadiennes auxquelles elle a assisté. De retour au Cameroun elle m’en a tellement parlé, ce qui a provoqué en moi de la curiosité. Je commence donc par parcourir l’ensemble des prospectus qu’elle a ramené, et je tombe aussi amoureuse à mon tour de ce pays.    

 Quelles études y  avez vous suivi ?

Au Canada j’ai fréquenté à l’Université Laval situé dans la ville de Québec où j’ai obtenu mon Baccalauréat intégré en économique et politique, ce qui est équivalent de la licence au Cameroun.

 

 En juin 2013 qu’est ce qui vous pousse à rentrer au Cameroun ?

Lorsque je quitte le Cameroun en 2009, j’ai le sentiment de n’avoir pas achevé ce que j’avais commencé.  Ayant eu la chance de bénéficier d’une bourse d’exemption du gouvernement camerounais, je me sentais redevable à mon pays et je décide donc de rentrer au Cameroun pour me lancer de nouveaux défis et participer à ma façon au développement de mon pays.  

Vous intégrez l’Enset de Douala afin de devenir Professeur de Comptabilité. Pourquoi avoir choisi l’enseignement ?

L’enseignement est avant tout passionnant et exigeant. J’ai effectué ce choix pour participer à la construction de mon pays en transmettant le savoir et en valorisant les compétences des élèves. Etre enseignant offre la possibilité de se renouveler chaque jour et d’être un acteur d’un système éducatif en évolution. 

Quelles sont les perspectives de carrière pour un professeur de Comptabilité ?

Lorsque nous sortons de l’Enset avec le diplôme de professeur d’enseignement technique de deuxième grade  (DIPET II) nous avons le statut de professeur de lycée d’enseignement technique (PLET). Les perspectives de carrière sont consignées dans le décret N° 2000/359 du 05 Décembre 2000 portant statut particulier des fonctionnaires des corps de l’Education nationale

 


ils se concentrent sur leurs études parce que c’est à travers ces études qu’ils deviendront les futurs bâtisseurs de ce pays.

 

Apres quelques vacations dans les établissements à Yaoundé, selon vous quelles qualités doit avoir un enseignant ?

A mon humble avis un enseignant devrait avoir deux qualités primordiales à savoir:

La patience: c’est un outil de survie dans le domaine de l’enseignement.

L’écoute : parce que enseigner c’est aussi communiquer. L’écoute permet à l’enseignant d’auto-évaluer sa pédagogie et d’apporter si besoin des corrections.

 4 ans déjà depuis votre retour, Qualifierez vous votre retour de réussi ou attente d’adjectif ? Pourquoi?

Le temps passe si vite. Je ne réalise toujours pas que ça fait déjà 4 ans que je suis rentré au Cameroun. Je suis toujours à la quête de savoir, je continue toujours à vouloir œuvrer pour le développement de mon pays. Je ne peux donc pas qualifier mon retour de réussite tant que ce sentiment de n’avoir pas encore achevé ma mission m’habite.

Lorsqu’on décide de rentrer au Cameroun après des études à l’étranger quelles sont les armes indispensables selon vous ?

Décider de rentrer au Cameroun après des études à l’étranger demande beaucoup de courage et d’humilité. Il ne faut surtout pas penser au « quand dira t-on » et se lancer.

Et pour ceux qui rêvent de partir au Canada par exemple, La vie est elle meilleure la bas ?

Les conditions de travail et de vie sont certes meilleures au Canada, mais il n’en demeure pas moins vrai que le combat de la vie quotidienne (se vêtir, se loger, se nourrir) est le même partout, que se soit au Cameroun ou ailleurs.

 Nous arrivons au terme de notre échange, Avez vous un message pour la Jeunesse Camerounaise?

À la jeunesse camerounaise j’aurais juste un petit message. Ce message m’a été inspiré d’un discours de J. F. Kennedy.  Il disait alors « ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. C’est avec la jeunesse que Cameroun deviendra un pays développé il ne faut donc pas abandonner notre pays nous n’avons que lui comme pays, personne ne viendra le développé à notre place.   

 Un message pour vos futurs élèves ?

À mes futurs élèves, je voudrais leur dire qu’ils se concentrent sur leurs études parce que c’est à travers ces études qu’ils deviendront les futurs bâtisseurs de ce pays.

Décider de rentrer au Cameroun après des études à l’étranger demande beaucoup de courage et d’humilité. Il ne faut surtout pas penser au « quand dira t-on » et se lancer.

 Auteur :Catherine Assogo

 

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