« Il faut rêver, oser, espérer et croire. » – Joseph René Tsobgny, journaliste

Le journaliste TV / animateur radio et conseiller en image René Joseph Tsobgny nous parle de l'audiovisuel et aussi l'importance de l'image dans la société camerounaise...

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Bonjour M. Joseph Rene Tsobgny. Vous êtes à la fois journaliste et animateur radio… Quelle est la différence fondamentale entre les deux ?

Bonjour et merci de l’honneur que vous me faîtes. En réalité, le journalisme et l’animation sont des frères utérins car dans l’un comme dans l’autre cas la collecte, le traitement et la diffusion de l’information sont des valeurs cardinales. En réalité, la différence fondamentale entre les deux réside dans le ton. L’animateur a vocation à donner l’information avec un ton plus ou moins ludique, décalé et surtout dans un vocabulaire sur-mesure, adapté à la cible de l’émission. Le journaliste par contre se veut un peu plus solennel dans le ton, avec l’usage d’un registre de langue beaucoup plus soutenu et surtout une rigueur prononcée dans l’écriture et le rendu quel que soit le genre sollicité.

Selon le site d’Actu Cameroun? La CRTV est la chaîne la plus visionnée au quotidien avec 14% de taux d’audience, devant Canal 2 et toutes les autres chaines camerounaises. Quel est votre secret ?

Beaucoup semblent oublier qu’avant d’être une institution publique la CRTV est d’abord une entreprise et à ce titre, elle doit se renouveler constamment dans un environnement fortement concurrentiel. Elle en a pris conscience et s’efforce au quotidien à implémenter des stratégies, à travers des contenus audiovisuels riches et variés adaptés à ses différents publics. La couverture de l’ensemble du territoire national, la qualité du personnel (reporters, présentateurs, animateurs, techniciens etc.) la présence sur satellite et sur les réseaux sociaux sont entre autres raisons qui justifient ce leadership, sans parler de la vision avant-gardiste du nouveau management qui ambitionne sérieusement de rompre avec les vieilles habitudes.

…des programmes tous aussi novateurs les uns que les autres naissent tous les jours dans le paysage audiovisuel camerounais, mais meurent aussitôt faute de moyens et de suivi…

La majorité de la population camerounaise ne regarde pas la télé, excepté pour les Novelas, les clips vidéos, le football…qui ont une forte audience. Peut-on en conclure que le secteur de l’Audiovisuel est en manque d’innovation pour intéresser davantage le citoyen ?

Détrompez-vous, c’est la minorité qui ne regarde pas la télé pour des raisons et d’autres. La majorité elle par contre, en plus de regarder, est très exigeante et réclame parfois des chaînes de télévision locales la même qualité que les mégas groupes audiovisuels internationaux, ce qui est quasi impossible dans notre contexte. Manque d’innovation, NON car des programmes tous aussi novateurs les uns que les autres naissent tous les jours dans le paysage audiovisuel camerounais, mais meurent aussitôt faute de moyens et de suivi. Il faut donc éviter d’imputer cette responsabilité aux seuls diffuseurs, mais davantage aux producteurs qui gagneraient à s’entourer de sponsors sérieux et fiables pour accompagner leurs projets et susciter l’intérêt. Le téléspectateur et l’auditeur ne sont pas dupes. Quand c’est bon ils adhèrent et s’accrochent.

Vous avez d’autres activités toujours en rapport avec votre image notamment le conseil en image. Le Camerounaise a-t-il conscience  selon vous de l’importance de l’image ?

Il faudrait peut-etre commencer par rappeler que toute personne qu’elle le veuille ou non renvoie une image à son environnement de manière tout à fait naturelle. Contrairement aux idées reçues, en 2017 il faut reconnaître que l’habit fait véritablement le moine et vu qu’on a jamais une seconde occasion de faire une première bonne impression, il est important de mettre toutes les chances de son coté. Voyez-vous, elle est bien révolue l’époque où prendre soin de son image était considéré comme un simple hobby. Au Cameroun comme partout ailleurs dans le monde, c’est devenu plus qu’une simple tendance, un véritable art de vivre. De nombreux Camerounais gagnent dignement leurs vies aujourd’hui, en offrant leur expertise dans ce domaine. Polir l’image d’un client c’est d’abord changer sa garde robe et adapter son style à sa personnalité, sa profession et ses aspirations ensuite, c’est changer son attitude en public (posture, démarche, langage, confiance en soi etc), enfin c’est filtrer ses lieux de fréquentation. Être conseiller en image c’est maîtriser un art qui a ses codes et spécificités. Oui! Le Camerounais est un homme fier et jaloux de son image pour laquelle il serait prêt à offrir la lune. Les conseillers en image sont de plus en plus sollicités de nos jours. Ça prouve bien ce que ça prouve.

Qu’est-ce qui motive souvent vos clients à vouloir prendre soin de leur image ?

En général, les potentiels candidats au relooking ce sont des personnes qui sont mal dans leurs peaux, en manque de confiance et en quête de repères. Mais il arrive aussi souvent que certains vous contactent pour les aider à relever un défi ou à atteindre un objectif (décrocher un poste, séduire ou plaire,vaincre sa timidité etc.) Dans tous les cas, le dénominateur commun entre ces différentes catégories de personnes reste le désir de plaire et de se sentir exister dans le regard d’autrui et dans le sien. Mais vous avez aussi souvent ces personnes qui ont déjà tout ou presque, mais qui en redemandent encore et encore là on est pas loin du narcissisme et ça c’est souvent gênant !!!

Vous avez obtenu votre diplôme à l’Institut de Siantou. Pourquoi avoir choisi cette école plutôt que l’Esstic ?

En réalité, c’était pas du tout calculé. Depuis la classe de 2nde je savais que je voulais être professionnel des médias, alors après mon Baccalauréat la logique aurait voulu que je passe le concours d’entrée à l’Esstic, sauf que de manière tout à fait spontanée j’avais opté pour l’Institut Siantou Supérieur qui soit dit en passant, avait des statistiques forts élogieux. Aujourd’hui je ne regrette absolument pas ce choix d’ailleurs en toute humilité, j’en connais plein qui sont passés par l’Esstic mais qui face à des anciens de Siantou seraient obligés de se munir d’une feuille et un stylo pour prendre des notes.

Le choix de l’école impacte t-il sur la carrière dans votre milieu ?

Vous savez, l’école n’offre rien d’autre que la connaissance. C’est à l’apprenant une fois sa formation terminée, qu’il appartient de capitaliser la connaissance en savoir et en savoir-faire. S’il est vrai que certaines écoles de formation jouissent de plus de prestige que d’autres, jamais sur le terrain le fait d’y avoir étudié n’a été la garantie d’une brillante carrière. La carrière se pense, elle se bâtit et se construit au fil des expériences.

Notre souhait c’est qu’un jour les jeunes qui ont assisté à un de nos séminaires réalisent de grandes œuvres grâce à notre motivation. Ce serait ainsi notre leg à la postérité.

Vous êtes également Motivational Speaker. Pouvez-vous nous dire en quoi cela consiste ?

Un Motivational Speaker c’est l’équivalent anglo-saxon d’un expert en développement personnel. En gros il s’agit d’une personne assez cultivée, qui a accumulé suffisamment d’expériences dans divers domaines et dont elle se sert pour motiver les autres et les pousser à agir, à entreprendre, à innover. Le Motivational Speaker se doit avant tout d’être très éloquent voire grandiloquent. Son arme c’est la parole, ses munitions ce sont les mots savamment choisis pour peindre une réalité précise. Séminaires, conférences, symposiums, colloques, le Motivational Speaker intervient partout où son expérience est requise. Dans mon cas, je travaille précisément avec les jeunes lycéens, les enfants de la rue, les enfants à besoins spéciaux. Ma modeste expérience est en soi un facteur de motivation pour ces derniers.

Ce métier a-t-il un marché au Cameroun ?

En réalité ce métier est encore très mal connu au Cameroun. D’ailleurs beaucoup ont tôt fait de l’assimiler à tort ou à raison à celui de psychologue. Il faut avouer que ce n’est pas encore véritablement entré dans les habitudes encore faudrait-il qu’en face il y ait un auditorat disposé à écouté et à assimiler, ce qui n’est déjà pas chose aisée. Aux États-Unis par exemple on ne compte plus les Motivational speaker qui sont presque aussi célèbres que les plus grandes stars. Notre souhait c’est qu’un jour les jeunes qui ont assisté à un de nos séminaires réalisent de grandes œuvres grâce à notre motivation. Ce serait ainsi notre leg à la postérité.

Enfin, quel message aimeriez-vous passer à la jeunesse Camerounaise ?

Comme j’aime souvent dire: #DDHB…Dream Dare Hope Believe. Il faut rêver, oser, espérer et croire. Il y a encore tellement de possibilités de réussite au Cameroun, qui n’attendent que ceux qui auront eu assez de courage pour faire face à l’adversité. Tout part toujours d’un rêve, puis un jour le rêve devient une idée, plus tard l’idée se transforme en projet, enfin le projet devient une entreprise…alors Jeunesse Camerounaise, cessons de vivre les rêves des autres et rendons réels les nôtres. Ensemble écrivons l’histoire…
Merci encore et bien de chose à Jeunesse du Mboa.

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