Notre langue régionale est primordiale, Préservons la ! – Stéphie-Rose Nyot Nyot

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Face à la mondialisation, il est de notre devoir de chérir et entretenir notre identité. La jeune Camerounaise Stephie-Rose Nyot Nyot a choisi de mener ce combat en sauvegardant le Bassa.

De votre combat pour la protection du patrimoine mondial est né un autre, protéger votre patrimoine culturel à sa voir votre dialecte le Bassa… Comment est-ce que votre famille a pris cette nouvelle ?
Bonjour, tout à fait. Je parle le Bassa 2.0 (JPLB, ndlr) a été lancé fin décembre 2013, afin de répondre à une crise identitaire culturelle personnelle. Mes parents ont naturellement bien accueilli la nouvelle, dans la mesure où nous y travaillons ensemble. En effet, ils parlent et écrivent parfaitement la langue Bassa. Nous préférons utiliser le terme ‘’langue régionale’’ à celui de dialecte.
Se lancer dans la concrétisation de son projet n’est pas toujours évident, on vous traite de candide, d’utopiste, personne ne veut vraiment s’impliquer avec vous. Comment ont été les débuts de votre page ?
Lors de ses débuts, JPLB 2.0 n’a pas été développé sous forme de projet. Il s’agissait de l’animation d’une page Facebook, durant mon temps libre. Mon but était de trouver des personnes avec lesquelles je pouvais moi-même apprendre le Bassa de manière interactive. Facebook et son phénomène de partages et de marquages nous a permis de rassembler un certain nombre de personnes assez rapidement. C’est pourquoi très vite nous avons déposé et protégé le concept et la marque Je parle le Bassa 2.0.

Il est primordial de préserver et de promouvoir les langues régionales africaines minorées

Dans certains établissements camerounais, on propose l’enseignement de certains dialectes. A terme, ambitionnez-vous de proposer des manuels ludiques et éducatifs que les parents offriraient à leurs enfants afin de préserver la langue Bassa ?
Il est primordial de préserver et de promouvoir les langues régionales africaines minorées, en raison des différents phénomènes de la mondialisation celles-ci sont menées à disparaître. Le devoir de mémoire que nous entreprenons fait face à un succès grandissant, actuellement nous sommes suivis par plus de 6000 personnes. De ce fait, de nouveaux outils pédagogiques doivent être lancés afin de répondre à la demande accrue de nos abonnés, et de recruter de nouveaux intéressés. 
Sur le long terme, quels sont vos objectifs ? Comptez-vous diversifier les dialectes ?
Sur du long terme, nous souhaitons devenir la référence de l’apprentissage en ligne de la langue Bassa et d’autres langues camerounaises voir africaines.
 Quel serait votre message pour nos lectrices ?
Malgré les différents obstacles rencontrés, nous nous devons de persévérer.
Un mot pour la fin ?
Je parle le Bassa 2.0 i ngi ngii !
 Apprenons à parler Bassa ici 
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