Fadimatou Bello: Femme, musulmane, indépendante et déterminée !

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Entre amalgames sur le voile, définition de sa place en tant que fille, mère, épouse, elle se définit avant tout comme une Femme ! Elle partage sa vision …
Vous êtes aujourd’hui Freelance en Management des médias sociaux, vous êtes très impliquée dans la communauté, qu’est-ce qui vous motive ?
Je ne sais pas si je suis très impliquée dans la communauté comme vous le dites mais si c’est le cas c’est une bonne chose 😉 Alors c’est l’amour de ce que je fais qui me motive principalement et surtout le fait de savoir qu’il y a des gens qui comptent sur moi pour faire aboutir leurs projets ou juste une partie de leurs projets. J’aime ce que je fais, et je fais ce que j’aime. Tout simplement.
Sur Votre Profil Linkedln, vous vous décrivez comme quelqu’un de volontaire, qualité qu’on a pu constaté en 2015 lors du MTNC Foundation. Après ces actes humanitaires, effectuez-vous un suivi? Que deviennent ces enfants que vous aidez?
Vous parlez sûrement des « 21 Days of Y’ello Care ». A mon niveau, je ne peux pas dire que je fais un suivi. Pour en savoir plus, vous pouvez contacter directement la Fondation MTNC.

Participation de Fadimatou à la construction d’une école (projet MTNC Foundation)
Les sujets qui vous tiennent à cœur sont les enfants, lutte contre la pauvreté, le social, la Femme… Comment décririez-vous la place de la femme dans la société camerounaise ? Pensez-vous qu’elle pourrait apporter quelque chose ayant un réel impact dans la société ?
Je pense que selon qu’elle est femme urbaine ou femme rurale le traitement est différent. On lui reconnait néanmoins sa place de mère. Il y a un vrai travail d’éducation à faire pour restaurer la place de la femme en tant que FEMME, non plus seulement en tant que mère, épouse, fille, objet; etc. On ne peut pas choisir et dire par exemple « Toutes les femmes sont des … Sauf ma mère ». C’est juste hypocrite. Maintenant, parlant de l’impact de l’apport de la femme dans la société camerounaise, je répondrai avec le fameux proverbe qui dit que « Si tu éduques un garçon, tu éduques un individu. Par contre, si tu éduques une fille, tu éduques une nation entière. » Partant de là, l’impact est bien réel, vous ne pensez pas?
Vous êtes une femme active dont le travail est reconnu par vos clients, cela a-t-il été aisé d’acquérir cette reconnaissance ?
C’est peut-être une phrase toute faite, mais dans la vie rien n’est facile. Ça se saurait si c’était le cas d’ailleurs;) Plus sérieusement, je ne suis pas encore au niveau de reconnaissance (de mon travail) que je recherche, mais j’y travaille, un peu plus chaque jour. Très souvent je suis tentée d’abandonner et rebrousser chemin, mais je sais ce que je ne veux pas, et je sais surtout ce que je veux. D’autres y sont arrivés, alors pourquoi pas moi?

Il y a un vrai travail d’éducation à faire pour restaurer la place de la femme en tant que FEMME, non plus seulement en tant que mère, épouse, fille, objet…

Vous avez organisé fin 2015 les #Twitter237Awards pour mettre en avant l’activité importante des Camerounais sur ce réseau, les bons comme les mauvais aspects mais de manière générale que pensez-vous de leur comportement sur les réseaux sociaux?
(Je peux placer un LOL?) Il y a très clairement plusieurs Twitter237 en un. Ce qui ressort des impressions des uns et des autres sur le petit oiseau bleu c’est que mes compatriotes sont (selon les catégories) très sauvages/mal élevés, professionnels, calmes. Je remarque des clashs de plus en plus récurrents sur les TL camerounaises, mais rassurez-vous, nous n’avons pas créé le service de thé sur Twitter par contre, il existait déjà depuis fort longtemps. Le comportement que je décrie plus haut montre bien que les Camerounais aiment tout ce qui est gossip, faits divers etc. On voit bien par exemple comment presque tous ont lu « Revenge Porn » alors que généralement ils détestent lire. C’est juste qu’il y a une catégorie de contenus qui intéressent plus que d’autres (forcément). Pour qui sait analyser ces tendances, ce sont des informations cruciales. Mais je peux vous assurer que Twitter237 c’est la jungle, il faut être fort mentalement ou juste faire fi de ce qui se dit/fait.
Le Camerounais de par son attitude sur les réseaux promeut-il une image positive du Cameroun qui pourrait conduire à une hausse du tourisme par ricochet boosterait l’économie nationale ou alors ce n’est pas son rôle ?
Il va s’en dire que la manière dont on se comporte sur Internet a un impact non négligeable sur l’image qu’on donne de nous, et dans une certaine mesure, de notre pays. J’en connais qui s’en foutent éperdument de leur rôle à jouer dans l’essor du pays, donc pour eux ils sont comme ils veulent être sur les internets et c’est leur problème. Ce sont généralement les mêmes qui soutiennent que Twitter ce n’est pas la vraie vie. Pour les contredire et répondre à votre question, je vais partir d’un exemple tout bête. Je me suis liée d’amitié pour une Malgache et une Gabonaise qui après une discussion avec moi sur Twitter, sont venues séjourner au Cameroun. Elles ont aimé le Cameroun. Supposons que nous sommes 10.000 Camerounais sur Twitter, si chacun vante son pays vous vous imaginez un peu le nombre de personnes que vous pouvez inspirer? Ce n’est pas négligeable à mon avis. Mais si nous nous comportons comme des enfants sauvages je ne vois pas qui aurait envie de voir ces enfants sauvage en vrai. J’en profite pour dire aux différents promoteurs du triangle national qu’ils font du bon boulot. Il existe une communauté qui crée du contenu sur les réseaux sociaux (principalement Facebook, Instagram, et Twitter) autour de hashtags comme #Kmertour #Tourime237 #IG_Cameroon etc… Personnellement, il y a des « paradis sur terre » sur toute l’étendue du territoire national que je découvre sans cesse sur Instagram et j’espère bien faire le tour un jour, in sha Allah (Si Dieu veut). En tant que Camerounais, c’est bien notre rôle que de travailler pour l’émergence et la prospérité du pays (je n’attendrai pas 2035). Si je veux être bien, je dois m’en donner les moyens et œuvrer dans ce sens là.
Au vu de la crise sécuritaire qui règne actuellement dans le Nord du Pays à cause de la nébuleuse terroriste Boko Haram, comment vivez vous le fait d’être une femme voilée au Cameroun ?
Avant d’arriver à « femme voilée » j’aimerais m’arrêter sur « femme musulmane » que vous ne dites pas. Cette histoire de Boko Haram a apporté son lot d’amalgames. Oui, ce sont des jeunes filles (musulmanes) qu’on utilise comme bombe humaine, mais ce qu’on oublie c’est que ce sont encore les Musulmans qui en sont les premières victimes. Une fois, on m’a dit « on n’a qu’à fermer la frontière entre le Nord et le Sud comme ça vous allez vous tuer entre vous là-bas ». Dire que j’étais scandalisé est très faible. Pour ma part, j’ai dû passer du voile au foulard simple. Je me couvre toujours les cheveux certes, mais ça passe mieux on dirait. J’ai failli me faire agresser à cause de mon voile, je me faisais insulter, discriminer, et j’en ai eu marre d’être sans cesse blessée, donc je me suis adaptée à mon environnement. Mais c’est très pénible au quotidien de supporter les attaques. Imaginez une fille qu’on agresse verbalement dans le taxi au lendemain d’une incursion de Boko Haram, ce que les gens ne sauront sûrement pas c’est que son frère était dans le marché en question, et il est mort, comme beaucoup d’autres. Et elle doit supporter les insultes, en plus de sa peine. On a une certaine facilité à juger l’autre, à ne pas chercher à comprendre l’autre. Et c’est triste.
Quel message donneriez-vous à la jeune femme camerounaise quant à son usage des réseaux sociaux ?

Fadimatou Bello au 2Degrees Event
Tout ce que nous publions sur les internets laisse des traces. Soyons prudentes dans nos publications. Quand vous me dites femmes et réseaux sociaux, je vois principalement le revers, vu que c’est ce qui fait le plus parler, c’est à dire les expositions de photos intimes de mes consœurs, de conversations privées, etc.
Comprenons d’abord à quoi servent les réseaux sociaux, et construisons notre présence dessus. Je ne parle pas forcément de devenir des professionnelles des réseaux sociaux, je dis juste que nous savons pourquoi nous sommes sur les réseaux sociaux, joignons l’utile à l’agréable. Merci à celles qui pavent la voie pour les autres.
Nous vous remercions d’avoir répondu à nos questions.
Vous pouvez retrouver Fadimatou Bello sur son compte Twitter.
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